Un banal contrôle routier a dégénéré le dimanche 1 octobre, aux Mureaux (Yvelines), en échauffourée entre plusieurs dizaines de jeunes et sept gardiens de la paix, qui ont été blessés. Vers 19 heures, une patrouille de quatre policiers en tenue avise un automobiliste qui ne porte pas sa ceinture de sécurité. Ils lui font signe de se garer sur le côté pour le contrôler. En vain.
La Super 5 file sans s'arrêter et rentre dans le quartier des Musiciens, «le plus difficile», souligne le commissaire Druais, des Mureaux : «Il y a refus d'obtempérer, l'équipage, qui connaît la sensibilité de ce quartier, se positionne à l'extérieur pour éventuellement l'intercepter à sa sortie. Mais le conducteur revient aussitôt et leur fonce délibérément dessus, c'est de la provocation.»
La Super 5 emboutit la 306 Peugeot «Police-secours». Les quatre policiers décident de l'interpeller. «Non seulement ils se voient opposer une résistance du contrevenant qui se débat, mais, en plus, ils reçoivent des pierres d'autres habitants hostiles qui se regroupent rapidement», rapporte le commissaire. Ils appellent des renforts.
Trois policiers arrivent à bord d'un autre véhicule, en sortent «pour les soutenir», mais «sont pris à partie par 250 jeunes, d'après ce qu'ils disent, et se retrouvent encerclés par la foule. Ils ont reçu des pierres, des pièces de mécanique et de moteur. Ils ont fait usage de gaz lacrymogène pour se tirer de ce guêpier et se sont réfugiés dans la 306 Peugeot accidentée de la première patrouille. Ils ont fichu le camp tous les sept à bord. Sur place, les délinquants ont brûlé la seconde voiture de police intervenue, le feu s'est propagé à la Super 5.»