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Trois semaines après son arrivée au pouvoir, le nouveau président français va rencontrer de mercredi à vendredi les dirigeants du Canada, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, du Japon et de la Russie

Le nouveau président Nicolas Sarkozy fera, de mercredi à vendredi prochains, au sommet du G8 d'Heiligendamm sa première grande sortie sur la scène internationale, trois semaines après son arrivée au pouvoir.

Après avoir déjà manifesté son activisme pour sortir l'Europe de la paralysie institutionnelle en multipliant déplacements et rencontres, il ne fait guère de doute que Nicolas Sarkozy cherchera vite à prendre toute sa place parmi ses pairs et à afficher le même volontarisme que sur la scène française.

Ses premiers pas dans la petite cité balnéaire de la Baltique seront en tout cas guettés avec attention par les sept autres grands (Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) qui ont longtemps côtoyé Jacques Chirac, devenu le doyen de ce club fermé des pays riches après être resté douze ans à l'Elysée.

Les sentiments seront contrastés : si le président américain George W. Bush voit à coup sûr arriver le nouveau président français avec soulagement, Vladimir Poutine a perdu en Jacques Chirac son meilleur allié.

Pour plusieurs leaders, Nicolas Sarkozy n'est toutefois pas un inconnu car cela fait des années qu'il soigne sa stature internationale avec l'Elysée en ligne de mire. Il a ainsi mis à profit ses fonctions de ministre de l'Intérieur pour rencontrer quelques "grands", comme M. Bush ou le président chinois Hu Jintao. Il a aussi tissé des liens d'amitié avec l'Allemande Angela Merkel ou le Britannique Tony Blair, mais il va devoir recoller les morceaux avec le maître du Kremlin ou le Japonais Shinzo Abe.

Vladimi Poutine n'a guère apprécié ses critiques sur la guerre en Tchétchénie et a manifesté son irritation en tardant à le féliciter après son élection. Avec M. Abe, il devra faire oublier qu'il avait qualifié les lutteurs de sumo "de types obèses aux chignons gominés", une déclaration qui avait choqué au pays du Soleil Levant, un pays auquel Jacques Chirac voue une véritable passion. Mais le test le plus difficile pour le président français sera à n'en pas douter sa rencontre, en marge du G8, avec George W. Bush, qui donnera le ton du nouveau climat des relations entre Paris et Washington.


Sur la forme, les deux présidents devraient avoir à coeur d'afficher une cordialité et une confiance retrouvée, dans une atmosphère décrispée. Sur le fond, les choses s'annoncent plus compliquées. Car sa poignée de main avec le président américain à la Maison Blanche, en septembre 2006, et sa volonté proclamée de "rebâtir la relation transatlantique" mise à mal par l'opposition de Jacques Chirac à la guerre en Irak, lui avaient valu d'être brocardé par une grande partie de l'opinion comme "Sarkozy l'Américain". Une étiquette difficile à porter en France où il ne fait pas bon, depuis le général De Gaulle, d'afficher des opinions trop pro-américaines. Depuis, il en est donc revenu à une position plus traditionnelle de la diplomatie française: amitié et solidarité mais sans soumission.

A Heiligendamm, Nicolas Sarkozy devrait ainsi être tenté de marquer sa différence sur un sujet dont il a fait une priorité nationale: la lutte contre le changement climatique, pomme de discorde entre Européens et Américains. Il a déjà appelé M. Bush à s'engager plus activement dans cette lutte, alors que lui-même a promis de "reprendre le flambeau" du combat d'Al Gore. (Avec AFP)