Nicolas au le salon de l'Agriculture vendredi matin, admirant charolaises, parthenaises et autres imposants bovins, avalant un verre de blanc, serrant des mains et confirmant au passage quelques promesses à des professionnels acquis à sa cause.
NS, flanqué du ministre de l'Agriculture Christian Bussereau et de quelques personnalités, est propulsé de stand en stand par un essaim de journalistes, porteurs de perches, cameramen et gardes du corps.
"Un tour symbolique du salon", souligne-t-on dans son entourage. La presse a été conviée pour 09h00 mais le ministre-candidat est arrivé Porte de Versailles dès 07h30 pour assister à la traite des vaches et prendre son petit-déjeuner hors caméras avec une dizaine d'éleveurs de la profession et "discuter tranquillement avec eux", explique-t-on encore.
"M. Sarkozy, M, Sarkozy ! Bonjour Nicolas !", interpellent des voix dans la foule au passage de la meute médiatique. Les badauds brandissent leur téléphone portable pour tenter de photographier le ministre en visite. Les journalistes jouent des coudes pour lui arracher un commentaire, les exposants essaient d'éviter la bousculade pour présenter leurs produits.
"Il dort jamais, c'est pas possible", s'étonne un curieux qui se souvient d'avoir vu le ministre la veille au soir tard dans une émission télévisée.
"Laissez-le respirer !", clame une pimpante quadragénaire.
Là, c'est une pie rouge qu'il faut admirer. Un peu plus loin, un orchestre entonne "la marche du cultivateur" au son de l'accordéon.
"Il y a des gens qui sont pleins d'illusion, qui voudraient être président de la République, député, ministre ou bien grand patron. Mais moi je n'ai qu'une seule ambition: pour labourer je me lève le matin"», a le temps d'entendre le candidat UMP.
Au point d'arrêt suivant : une belle noire, cloche au cou, une Herens du Valais. "Il m'a dit : ça fait plaisir de vous revoir. Je lui ai souhaité bonne chance. C'est un gars sympa", dit Michelle Rouiller. Elle lui a offert une corbeille de produits de sa région et une eau de vie de poire.
"Attention au taureau !" clame le service d'ordre. Cette fois, l'animal pèse 1.500 kg. "Il (Sarkozy) l'a peigné", dit fièrement son propriétaire, Jean-Luc Gauthier, agriculteur dans la Nièvre. "C'est le seul politique qui a eu des paroles concrètes", commente son voisin Patrice Barret, éleveur dans le Cher.
Brève rencontre avec Jean-Michel Lemetayer, président de la FNSEA. "Les valeurs du monde paysan, c'est le travail, le mérite, la récompense", affirme Nicolas Sarkozy.
Il parle de supprimer les droits de succession pour que la terre puisse être transmise aux jeunes agriculteurs
"Le monde agricole vote plutôt à droite, Sarkozy et Bayrou. Il n'y a qu'une partie du Sud-Ouest qui votera Ségolène", affirme Martine, au stand de la FNSEA.
« Je lui ai dit : M. Sarkozy : il faut manger la pomme du Limousin pour vous donner du tonus dans votre campagne", clame David, arboriculteur à Pompadour dans le Limousin. "Tous les ans, il s'arrête au stand. Je vais voter pour lui. C'est le seul capable d'essayer de faire quelque chose", ajoute le promoteur de la golden AOC.
Onze heures du matin. La tournée touche à sa fin. Trente secondes au stand Peugeot. Guère plus chez Citroën. Le temps pour le président de l'UMP de confirmer la TVA à 5,5% pour les véhicules propres à Christian Bonnafé, responsable de ce segment pour la marque Citroën. "Une petite incitation fiscale pour faire démarrer le produit", a dit le responsable au ministre.
Au stand Viniflhor, l'Office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture, Nicolas Sarkozy redit à des viticulteurs tous sourires qu'il est favorable à la publicité "modérée" sur le vin, avant de déguster un verre de Puligny-Montrachet. (lexpress)