La commune des Hauts-de-Seine passe définitivement au vote électronique. Ses électeurs, préparés depuis 1995, utiliseront une soixantaine de machines à voter dès l’élection présidentielle.

La ville d'Issy-les-Moulineaux a bouclé son appel d'offres pour équiper ses bureaux de vote en machines électroniques. Les électeurs de la commune d'André Santini utiliseront désormais exclusivement ce dispositif dans le cadre des prochaines élections, à commencer par la présidentielle 2007.
«Il n'y aura pas d'autre choix car le code électoral impose un seul système dans un même bureau de vote: soit l'urne papier classique, soit les machines à voter», explique à ZDNet.fr, Eric Legale, chargé des nouvelles technologies à la mairie d'Issy-les-Moulineaux. La commune a donc fait le choix de généraliser le dispositif à l'ensemble de ses quarante bureaux de vote.
Les soixantes machines qui y seront installées sont des modèles iVotronic fabriqués par l'américain
ES&S et distribués en France par Datamatique. Comme tous les équipements de ce type, elles ont préalablement reçu l'agrément du ministère de l'Intérieur qui prend en compte pas moins de 114 critères.
Pourquoi Issy-les-Moulineaux a fait le choix du vote électronique? «Dans une ville où les trois quarts de la population disposent d'internet à la maison, il aurait été aberrant que le maire ne suive pas l'évolution du numérique», poursuit Eric Legale.
Des économies de temps et d'argent
La mairie met en avant plusieurs avantages, dont le premier tient dans la réalisation d'«économies de temps et d'argent». «Avec la machine à écran tactile, le dépouillement ne s'opérera plus qu'en quelques secondes contre trois heures ou plus lors d'élections traditionnelles», indique la commune.
Le gain financier se fera «sur le long terme», assure la mairie sans plus de détails. Le coût des machines, de l'ordre de 300.000 euros, devrait être amorti dans les cinq ans. Après la présidentielle, elles seront utilisées pour six autres élections jusqu'à la présidentielle 2012.
Autre argument, le système est accessible aux aveugles et malvoyants grâce à un système de casque audio et une navigation en braille. «Il est également accessible aux handicapés moteurs car la machine peut être déposée sur les genoux de l'électeur».
Enfin, côté sécurité, «la machine à voter électronique garantit un niveau de sécurité maximum grâce à un système d'exploitation propriétaire et donc non piratable, à plusieurs mémoires indépendantes et à un dispositif de scellement de la machine avant et après les élections». Les machines ne sont pas en réseau, et le comptage se fait appareil par appareil.
Une cinquantaine de villes équipées
Issy-les-Moulineaux n'est pas la seule commune à avoir adopté les machines électroniques. C'est également le cas d'une cinquantaine de villes dont Saint-Malo, Meylan, Noisy-le-Sec, Le Mans, Brest, le Havre ou Bourges, qui ont partiellement ou totalement déployé 1.200 machines dans plus de 800 bureaux de vote.
Trois modèles ont été agréés par le ministère de l'Intérieur: l'iVotronic d'ES&S, une machine fabriquée par la société NEDAP-France Election; et une autre de la société espagnole Indra Sistemas. Leur fonctionnement est similaire.
Contacté par ZDNet.fr, le ministère n'a pas été en mesure de fournir une liste exhaustive des villes qui ont fait le choix du vote électronique, que ce soit en test ou définitivement, comme Issy-les-Moulineaux, Saint-Malo, Meylan et Noisy-le-Sec. Selon nos informations, entre un et deux millions d'électeurs français auront recours à ce type de machine lors de l'élection présidentielle.
La France fait partie des pays les plus mûrs en Europe en matière de machines à voter», confie Denis Muthuon, directeur commercial ES&S pour l'Europe. Il rappelle que ce type d'équipement est déjà utilisé aux États-Unis, Japon, Canada, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni. (zdnet)