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 Très bonne tribune dans Les Echos de FRANCK LOUVRIER, le conseiller à la présidence de la République pour la communication et la presse sur la Campagne Internet de Barack Obama.


Parmi les grandes premières de la campagne électorale américaine, figure la place d'Internet dans la stratégie des candidats en lice. Placardé comme « le candidat d'Internet », Barack Obama est déjà comparé à John F. Kennedy, « candidat de la télévision » en son temps. On explique la très courte victoire du démocrate en 1960 par la supériorité de sa prestation lors du face-à-face télévisé l'opposant à Richard Nixon. L'analyse est restée dans l'histoire, costume noir contre costume gris, Kennedy avait su accrocher la lumière du noir et blanc et gagner, peut-être, les quelques milliers de voix nécessaires à sa victoire. 1960 ou la preuve par l'exemple que nous entrions dans l'ère de la télévision.

En 2008, le sénateur Barack Obama accroche incontestablement la lumière de la Toile, et donne ses lettres de noblesse politiques au Web. Mais seul le résultat final de l'élection pourra nous donner une idée claire de l'impact d'Internet sur la campagne.

Une chose est sûre : Obama a su mieux que quiconque utiliser les nouveautés d'Internet. 2007 avait fait de la France le meilleur exemple d'une bonne utilisation d'Internet au service du citoyen. La revue de communication « Adweek » caricaturait le nouveau président Sarkozy donnant la leçon aux candidats américains, en expliquant comment 2007 était l'année de la vidéo en ligne (YouTube et Dailymotion) et comment la Webtélé NSTV (Nicolas Sarkozy TV) avait contribué à faire de lui le candidat de la transparence et du temps réel. Si Nicolas Sarkozy était en 2007 le premier candidat de la vidéo, Barack Obama est devenu en 2008 le premier candidat des réseaux sociaux. Du point de vue de l'objectif que se donnent les stratégies Web de campagne d'informer le citoyen, Obama a su construire un réseau d'internautes prêts à relayer toute information (discours, déplacements, rencontres) au sein de leurs propres réseaux d'amis, et ce gratuitement et en temps réel. Obama compte ainsi plus de 1,2 million d'amis sur Facebook.com (contre 200.000 pour John McCain) et 450.000 sur le réseau social myspace.com, sans compter la dizaine de réseaux communautaires de moindre ampleur. Combiné à un investissement important dans les campagnes de publicité en ligne (plus de 2 millions de dollars depuis 2007), le candidat Obama a su se rendre incontournable sur Internet.

Mais la véritable révolution de la campagne d'Obama en ligne n'est pas d'ordre quantitatif, par le nombre d'internautes qu'il a su toucher, mais d'ordre qualitatif, dans la capacité qu'a eue cette stratégie du virtuel d'aboutir à un soutien réel.

Soutien financier d'une part, avec l'explosion des dons en ligne qui ont permis au candidat de bouleverser les règles des campagnes électorales aux Etats-Unis. Les petits dons spontanés (90 % en dessous de 100 dollars) de plus de 1,5 million de citoyens américains ont permis au candidat de se passer des ressources du Parti démocrate pendant les primaires, et de l'argent de l'Etat fédéral. Il est le premier candidat de l'histoire à refuser la subvention électorale. Aujourd'hui, le budget de campagne d'Obama fait plus que doubler celui de John McCain : à titre d'exemple, sur les 55 millions levés en février 2007 (soit plus que l'intégralité du budget de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007), 45 sont venus d'Internet sans que le candidat ait eu à faire la moindre réunion de donateur ou de fund-raising et sans qu'il ait eu à payer le soupçon de clientélisme qui en résulte.

Soutien sur le terrain d'autre part, qui a vu les internautes des réseaux sociaux se transformer en militants. Révolution encore, dans la façon d'élargir le spectre du militantisme politique bien au-delà du périmètre du parti du candidat. Couplé au site de campagne www.barackobama.com, le réseau social dédié www.my.barackobama.com permet à chacun de créer son propre profil de soutien, d'écrire son blog, de collecter de l'argent pour sa campagne, ou bien de tisser son réseau de militants au niveau local. Rassemblant plus de 800.000 citoyens sur tout le territoire américain et plus de 6.000 groupes de soutien, my.barackobama.com agit comme un outil de mise en relation dont la finalité est l'action collective sur le terrain.

Ainsi la campagne d'Obama a fait d'Internet un média d'information et un outil de mobilisation. En donnant à la campagne en ligne une traduction concrète hors-ligne, elle a surtout permis de révéler, derrière l'internaute anonyme, le citoyen engagé. Donner suite à l'activisme des internautes, tel est une piste de travail à développer dans nos démocraties. Sensibilisé au très vif intérêt de la blogosphère française pour l'élection américaine, le président Sarkozy a - pour la première fois - ouvert les portes de l'Elysée à douze blogueurs au coeur du débat. C'était à l'occasion de la conférence de presse commune avec Barack Obama. Donner suite à l'activisme citoyen des internautes, tel sera peut-être la clef de la campagne américaine, qui prouvera ou non si - après le coude-à-coude actuel entre les candidats - la supériorité virtuelle d'Obama se traduit dans le contexte très réel de l'isoloir...

26/07/2008


OBAMA - SARKOZY | 10 mins

La Présidence de la République a pour la première fois invitée quelques blogueurs à assister une conférence de Presse. Et pas une "petite": LA CONF PRESS OBAMA SARKOZY !

C'était vraiment sympathique de rencontrer le candidat OBAMA et son staff de campagne. Avec quelques amis de l'Elysée, on a eu un sentiment de flashback  par rapport à notre propre campagne en 2007.

C’était une initiative courageuse pour la Présidence de nous offrir cette opportunité.



Les blogueurs de "OBAMA@Elysée" : Samuel Solvit, Tristan Mendès France, Aurelie Siou, Inside the USA (Jérôme), Sacha et Natacha Quester-Séméon, Gilles Misrahi, Stan Magnand, Anthony Hamelle, Thibault Jezequel.

Quelques articles sur la toile : Lepost.fr, l'Express, le Figaro, Street Reporter, Le Monde (blog) ...